Antoine Gaber une vocation authentique du retour de l’homme à la nature de Mario Micozzi

Traduit de l’Italien, citation sans annotation

C’est la première fois que notre revue accueille un peintre (au Salon d’Art Contemporain de Parme, avec d’autres artistes invités) dont nous avions entendu parler, mais que nous n’avions jamais rencontrés. Un peintre qui s’est bâti en quelques années, de 1957 à aujourd’hui, une réputation que nul ne peut lui contester, parmi les artistes les plus cotés et les plus appréciés dans le vaste panorama mondial de l’art contemporain. Ses œuvres sont présentes dans nombreuses galeries d’art du Canada, des États-Unis et d’Amérique latine, sans compter la Nouvelle-Écosse, la Normandie, etc. L’extraordinaire activité de Gaber est, bien sûr et surtout, artistique, mais aussi liée à des projets humanitaires et solidaires – puisqu’il met souvent son talent au profit d’une bonne cause, comme dans son œuvre  » Colorectal cancer can run in the family  » ou  » Le cancer du côlon peut toucher votre famille  » (2004, cm 50,8×61,0 huile sur toile) – sans pour cela être le moins du monde moralisante.

Sa production, un heureux mariage d’imagination et de réalité, est en effet très complexe, pleine de références à la nature (en réaction au phénomène discuté et discutable de l’urbanisation et en faveur d’une vie en contact direct avec la nature) et à l’homme. Ses œuvres sont plongées dans un « bain » d’impressionnisme très délicat, symbole du rapport que Gaber souligne toujours entre l’homme (avec ses sentiments malades d’indifférence, de cynisme, d’aridité spirituelle) et le monde rural, défiguré depuis plusieurs années, soit, mais exalté comme la seule panacée, cependant pas écologiquement revisité ni pleinement réapproprié. Une plateforme archétypique idéale et matérielle, celle de Gaber, en même temps riche en contenu et en couleurs, caractérisée par la présence, ponctuelle et harmonieusement douce et persuasive (elle joue sur les émotions) de visions florales, comme cette Orchid in bloom 01 (orchidée en fleurs)(2004, cm 40,6×50,8 huile sur toile), où l’inspiration touche des sommets de sensibilité et se fond avec une profonde étude psychologique de souvenirs, de sensations agréables, de présences vécues; ou encore de paysages d’une idylle inexprimable, séduisante et intrigante comme dans le Monet’s Flower Garden, Giverny, le jardin de fleurs de Monet à Giverny (2001, cm 30,5×40,6 huile sur toile) où semblent apparaître, comme par enchantement, par une sorte de magie résonnante, les promenades au grand air, les odeurs de la campagne, l’absence de bruits importuns, où l’on « sent » l’absence physique et mentale des « rumeurs mondaines ». Dans d’autres œuvres, comme La Roche Guyon, Normandie, (2002 cm 40,6×50,8 huile sur toile), on se souvient de la profonde sérénité de l’esprit qui flotte dans une région semi-sauvage (le chant d’un ruisseau aux eaux transparentes), dans la solitude aimée et désirée surtout par celui qui a souffert et qui souffre encore des attaques perverses de la civilisation, victime des maladies du siècle, inguérissables, pernicieuses, victime de cette non-civilisation du mal de vivre.

Gaber nous montre comment on respire dans certains paysages urbains, si différents des paysages champêtres, par exemple dans Paris, Sunset on La Seine I (Paris, coucher de soleil sur la Seine), (2002 cm 50,8×61,0 huile sur toile), où ce qui domine n’est pas l’existence actuelle et invivable, mais plutôt le souvenir nostalgique d’un temps qui semble perdu à jamais, quand la ville était vraiment faite pour l’humain. Ou bien quand le raffinement des mœurs, l’éducation sentimentale à la Flaubert, l’élégance du vêtement (non seulement et pas nécessairement l’élégance de la mode officielle), n’étaient pas du tout en contraste avec la vulgarité des apparences, la vitalité des sens et des sentiments amoureux, qui sont aujourd’hui menacés, humiliés et corrompus par ce goût pervers de la matérialité : c’est l’ Élégance parisienne, (2002 cm 61,0×76,2, huile sur toile).

Mario Micozzi

Romancier, journaliste, poète et animateur culturel, Mario Micozzi est né à Lanciano (Chieti) et a étudié à Parme et Urbino. Son nom est lié aux  » Rencontres nationales de la critique et la poésie « , une  » Institution culturelle prestigieuse  » selon Elio Filippo Accrona, bien connue tant en Italie qu’à l’étranger. Depuis 1978, il dirige, avec Carlo Bo, G.B. Squarotti et Giuliano Manacorda, la revue de culture interdisciplinaire  » Punto d’incontro « , qui accueille d’importants écrivains et intellectuels italiens. Ses articles de critique d’art ont paru dans la page littéraire de journaux et revues, entre autres Letteratura, Nuovi Argomenti, Rapporti, Altri termini, Uomini e libri, Il Ponte, etc. En tant qu’écrivain, il a gagné le prix Teramo en 1972 avec un récit, suivi de plusieurs romans : Il mondo capovolto (le monde à l’envers) (avant-propos de Walter Mauro); Il Giocatore infernale (le joueur infernal) (1982); Uomini senza volto (hommes sans visage) (1986); Effetti paralleli (effets parallèles) (préface de Michele Prisco, 1988) ; Circolo perverso (cercle pervers)(1990); Progetto rischioso (projet risqué) (1992); Gli oscuri oggetti del desiderio (obscurs objets de désir) (1994); Una stagione arida (une saison aride) (1996); les récits : Le chiavi del regno (les clefs du Royaume) (1987); La mala coppia (le mauvais couple) (1989); Ballata sinistra (la sinistre ballade) (avant-propos de Walter Mauro, 1983).